Indigenous standoffs were avoidable | Les manifestations des Autochtones auraient pu être évitées

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For the better part of a decade Canada has undertaken some important exercises with the intention of building a stronger relationship with Indigenous communities.  The Residential School Apology, the Truth and Reconciliation Commission, and the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls make it seem that a lot of progress has been made in a short amount of time when, in fact, these amount to first steps in a journey to understand hundreds of years of colonial history. Now, as we stand at a historic moment, with trains at a standstill and critical infrastructure blocked, it’s fair for us to wonder what the government means when they speak of reconciliation or their claim that there is no relationship more important than the one with indigenous people.

As tensions mount, hard-line politicians are calling for the ‘rule of law’ to prevail, saying the government should send in the RCMP – which is actually something the government cannot do. While people’s frustrations are real and not to be dismissed, the language these politicians use is divisive and opportunistic.  They characterize protestors as illegitimate fringe actors instead of hearing the message that is there is too much of a gap between what the government says and what it does.

On top of that, if arrests would solve the problem, we wouldn’t find ourselves at this point.  On two occasions the RCMP removed protestors from Wet’suwet’en territory only to have those protests carry on while others pop-up in solidarity.  In many ways, the Wet’suwet’en see history repeating itself.

It was only a 100 years ago that RCMP accompanied Indian Agents to forcibly remove Wet’suwet’en families from their traditional land. For many in the community, these are the stories of their grandparents’ experiences.  Now, they see RCMP arresting dozens of people to enforce an injunction on behalf of Coastal GasLink (CGL) so that company can develop a Liquified Natural Gas (LNG) pipeline through their territory.  Territory they had to fight for to the highest court in the land.

Part of the challenge we face is the disconnect that exists because the Crown’ has always focused on the relationship with Indigenous peoples as transactional.  As a result, Indigenous governance structures – elected band councils, etc. – were forced upon communities in order to create a system that favours commerce as the foundation of the relationship.  Perhaps its time to believe Indigenous communities when they explain that this is not how things work.  This is part of the reason objections of Hereditary Chiefs carry so much weight in the Coastal GasLink standoff.   But there is more to that.

These are the same Hereditary Chiefs who fought all the way to the Supreme Court to affirm their title to land they had occupied for thousands of years. The court recognized their standing and it set a precedent ruling that the federal government had “a moral, if not legal, duty to enter into and conduct those negotiations in good faith” on the question of their indigenous title.  One big take-away from that ruling was that Hereditary Chiefs represent a legitimate decision-making body for indigenous people outside of reserves.

Today, politicians frustrated by this are labelling this traditional decision-making body illegitimate.  Some have accused them of being late to the party, but these objections have long pre-dated the CGL standoff.  The refusal of these Chiefs came about after they suggested alternative routes that the company rejected.  All along the federal governments, past and present, have been missing in the process.

Although much of the issue is provincial in nature, there is no doubt the federal government has exacerbated the problem.  It has been more than 20 years since the Supreme Court ruling and successive governments have failed to even begin the difficult work of upholding, acknowledging, and affirming Wet’suwet’en title.

In an era of Indigenous frustrations as Canada learns how to acknowledge, reconcile, and grow beyond a colonial history, the events unfolding in British Columbia have set in motion the stand-offs in solidarity that we are seeing today.  The rail blockade near Belleville is the most prominent, but there have been others.  Part of the frustration relates to police action in British Columbia which threatens to undermine any chance of real reconciliation.

An even larger part of the frustration relates the fact that, for all the talk of changing our relationship with Indigenous people, precious little has changed. The only way forward will be through dialogue and positive action.  Brute force will set us back and light a match at the same time.  The cost of that kind of action could far exceed those experienced today.  We have arrived at a watershed moment and must choose a path that will guide our future.  We have to challenge the status quo and the way we do business.


Les manifestations des Autochtones auraient pu être évitées

Depuis près d’une décennie, le Canada s’engage dans des exercices importants ayant pour but de créer des liens plus solides avec les communautés autochtones. Les excuses officielles au sujet des pensionnats indiens, la Commission de vérité et réconciliation, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées semblent indiquer que beaucoup de progrès ont été réalisés en peu de temps, alors qu’il ne s’agit que des premières étapes d’un long cheminement pour mieux comprendre des centaines d’années d’histoire coloniale. À l’heure actuelle, où des trains sont paralysés et des infrastructures essentielles bloquées, nous sommes à un moment charnière. Il est alors pertinent de se demander ce que le gouvernement veut vraiment dire lorsqu’il parle de réconciliation ou qu’il déclare qu’il n’y a pas de relations plus importantes que celles entre la Couronne et les peuples autochtones.

Pendant que la tension monte, les politiciens à la ligne dure invoquent la « primauté du droit » et pressent le gouvernement de faire intervenir la GRC – ce qu’il n’a même pas les pouvoirs de faire. La frustration des gens est bien réelle et ne peut certes pas être rejetée du revers de la main, mais il faut aussi voir que les propos tenus par ces politiciens relèvent de l’opportunisme et sèment la discorde. Au lieu de s’intéresser au message exprimé, à savoir que l’écart entre ce que dit le gouvernement et ce qu’il fait est trop grand, ces politiciens réduisent les militants à de simples acteurs marginaux n’ayant aucune légitimité.

Il ne faut surtout pas oublier que, si les arrestations pouvaient régler le problème, nous n’en serions pas là. À deux reprises, la GRC a expulsé des militants du territoire des Wet’suwet’en, mais les manifestations, alimentées par d’autres militants solidaires, n’ont fait que se poursuivre. À bien des égards, l’histoire des Wet’suwet’en se répète.

En effet, il y a à peine 100 ans, la GRC et les agents des affaires indiennes ont arraché des familles Wet’suwet’en de leurs terres ancestrales. C’est ce que les grands-parents de bien des membres de la communauté ont vécu. Ces mêmes gens voient maintenant la GRC arrêter des dizaines de personnes pour appliquer une injonction de Coastal GasLink afin que celle-ci puisse faire passer un gazoduc transportant du gaz naturel liquéfié sur leurs terres, des terres pour lesquelles ils ont dû se battre devant le plus haut tribunal du pays.

Le problème vient notamment du fossé qui s’est creusé parce que la Couronne a toujours traité les rapports avec les peuples autochtones comme une transaction. Elle a imposé aux communautés des structures autochtones de gouvernance, comme les conseils de bande, dans le but d’instaurer un système qui place le commerce au cœur des rapports avec la Couronne. Il est peut-être temps de croire les Autochtones lorsqu’ils nous disent que c’est ainsi que les choses se passent. C’est entre autres pour cette raison que les objections des chefs héréditaires ont tant de poids dans l’impasse Coastal GasLink. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Ce sont ces mêmes chefs héréditaires qui se sont battus jusqu’en Cour suprême pour faire reconnaître leurs droits sur les terres qu’ils occupent depuis des millénaires. La Cour leur a donné raison et elle a créé en précédent en concluant que le gouvernement fédéral avait « l’obligation morale, sinon légale, d’entreprendre et de mener ces négociations de bonne foi » à propos de leurs droits autochtones. Ce qu’il faut comprendre de cette décision, c’est que les chefs héréditaires sont un organe décisionnel légitime pour les Autochtones ne vivant pas dans les réserves.

Les politiciens frustrés par les événements affirment aujourd’hui que cet organe décisionnel traditionnel n’est pas légitime. Certains les accusent d’arriver un peu tard, mais ces objections remontent à bien avant le début de la présente crise. La légitimité de ces chefs a commencé à être mise en doute après le rejet, par la société, des solutions de rechange que ces chefs avaient proposées. Depuis le début, le gouvernement pêche par son inaction, et ce, quel que soit le parti au pouvoir.

Ce dossier relève en bonne partie du provincial, mais il est indéniable que le gouvernement fédéral a exacerbé le problème. La décision de la Cour suprême remonte à plus d’une vingtaine d’années et les gouvernements successifs n’ont pas même entrepris la tâche difficile qui consiste à respecter les droits des Wet’suwet’en, à les reconnaître et à les affirmer.

À une époque de frustrations autochtones où le Canada apprend à admettre, à réparer et à dépasser son histoire coloniale, les événements qui se déroulent en Colombie-Britannique ont provoqué la réaction en chaîne dont nous sommes témoins aujourd’hui. Le cas des voies ferrées bloquées près de Belleville prédomine, mais il y en a eu d’autres. La frustration découle en partie des interventions policières en Colombie-Britannique, qui risquent de compromettre les chances d’arriver à une véritable réconciliation.

Toutefois, cette frustration découle surtout du fait que, malgré toutes les paroles annonçant un changement dans les relations entre la Couronne et les peuples autochtones, très peu de choses ont changé. Le dialogue et les mesures positives seront les seuls moyens de faire avancer les choses. Le recours à la force brute nous fera reculer et pourrait même mettre le feu aux poudres. Les conséquences des mesures de ce genre pourraient être bien pires que ce que nous connaissons aujourd’hui. Nous sommes à un tournant et nous devons emprunter une voie qui sera garante de l’avenir. Nous devons remettre en question le statu quo et la façon dont nous faisons actuellement les choses.

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Carol Hughes MP
Carol is a three-term MP who has worked hard for Algoma-Manitoulin-Kapuskasing since being elected in 2008. In addition to her role as MP, Carol serves as Assistant Deputy Speaker and Chair of Committees of the Whole in Canada’s 42nd Parliament. A tireless advocate for the communities she serves, Carol was a leading figure in the fight to preserve ten federal constituencies for Northern Ontario. She has been a prominent spokesperson for passenger rail service, preserving postal service outlets, and good jobs in the region. Carol has worked with First Nations on local and national issues and served as the New Democrat critic for First Nations Health prior to assuming the responsibilities of Assistant Deputy Speaker. With decades of labour experience, Carol understands the priorities of hardworking families. She has introduced legislation to expand access to Employment Insurance benefits and to require mandatory reporting of workplace accidents and occupational diseases. She has also worked with veterans on legislation that will create a Defence of Canada Medal to honour those who served domestically to protect Canada during the Cold War. Committed to serving all her constituents, Carol maintains full constituency offices in both Kapuskasing and Elliot Lake. She also holds regular clinics in communities throughout the riding. Before entering politics, Carol was a regional representative for the Canadian Labour Congress. Earlier, she worked for Probation and Parole Services in Elliot Lake and Youth Justice Services in Sudbury. A long-time community volunteer and activist, Carol lived in Elliot Lake for nearly three decades with her husband Kieth. And as a proud mother and grandmother, Carol is committed to building a better Canada for future generations.

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